Ligne de vie

Tracer sa ligne de vie:
Un moyen efficace pour structurer son récit.
Une activité bien appréciée par le groupe JMR de Sillery
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette rubrique intitulée Créations libres JMR a pour but de permettre aux animateurs et participants de publier des extraits de leur récit autobiographique . 

  L'invitation est maintenant lancée aux membres actifs de JMR de nous faire parvenir leur texte.

  Les textes ci-dessous sont classés par ordre des dates de parution les plus récentes.

 

Paramètres à respecter:

Longueur : 2 pages (ou environ 800 mots  au maximum)                          Simple interligne

Orthographe : soumettre un texte exempt de fautes.

Police: Times New Roman (12 pts)           

 

Ce samedi trois juillet, la canicule s’installe en sourdine…
Un soleil blanc de plomb nous impose sa suprématie.
« Pour combien de temps?… »
De torrides journées nous confineront entre quatre murs réfrigérés
tant bien que mal.
Jeudi huit juillet, une incursion dans le noir, m’invite au
soulagement.
À la tombée du jour, au rang des moustiques, je m’enfonce dans la
pénombre rafraîchissante de la forêt.
Le sous-bois transpire… Je respire… Les essences de conifères et
de fougères, provoquent une frénésie de mes papilles olfactives.
À l’orée du bois, les lucioles enivrées de ces effluves vespérales
ondulent gaiement leurs lanternes émeraude, illuminant cette nuit
sombre et doucereuse.
Neuf juillet
Les merles assoiffés n’en peuvent plus…
Ils sifflent leur supplication au dieu des eaux de les abreuver et de
les nourrir de vers terrés.
Soudainement, Ondin écoute leur prière déferlant un déluge sur
une terre asséchée transformant routes en ruisseaux et gonflant
les rivières de satisfaction.
Tambours et trompettes se font entendre. Un feu d’artifice éclaire
le ciel …Voilà que l’arc- en- ciel gratifie…C’est la fête!
Toute la nature jubile, reprend ses sens et retrouve sa fraîcheur…
« Pour combien de temps ? »


                                                          Mariette Noël Isabelle- JMR/Shawinigan


    Bernard, l’abbé, mon collègue facilitateur, je pense que le vocable mon ami est le terme le plus juste pour parler de Bernard.« Si tu n’es pas allé aux bleuets à 4 ou 5 reprises avec quelqu'un, tu ne peux dire que tu le connais »
Voilà une phrase qu’il se plaisait à me répéter de façon amicale au début de notre association. Maintenant je lui répliquerais en disant que même si je n’avais pas eu l’occasion de cueillir des bleuets avec lui, j’aurai eu le privilège de faire 10 ans de Je me raconte.

Les coïncidences sont quelque peu surprenantes : mercredi, le 28 octobre 2009, le thème de la rencontre régulière de notre 5e groupe de Je me raconte est : Les personnes influentes dans notre vie. Et voilà, vous serez assis sur votre nuage et nous écouterez parler de vous avec votre petit sourire en coin.
 Je me souviens de notre rencontre en septembre 1999 où vous avez tellement insisté pour que je sois votre collègue de votre projet, celui de faire vivre le programme J’écris ma vie à Roberval. Je n’avais pas de temps, mais pas du tout, je ne me sentais pas à la hauteur pour gérer les confidences de nos participants, vous avez su trouver les mots pour ébranler mes appréhensions.

Quel beau voyage nous avons fait. Nous en sommes à notre cinquième groupe, un voyage de 10ans, plus de 60 participants et plus de 15 parutions, dont les deux vôtres. Moi, comme je le dis, j’en suis toujours à mon brouillon.

Vous étiez le calme incarné. Vous aviez le don de provoquer les écritures même les plus difficiles.

« C’est thérapeutique, ça fait du bien, ça fait grandir »

Et après les rencontres les plus difficiles, vous saviez me faire parcourir un pas de plus vers la compréhension humaine, il n’y avait aucun sujet pour vous faire sursauter, et nous avons connu les plus belles pages d’écriture, celles des histoires de la vie de tous les jours de personnes importantes pour leur famille : leur maman, leur papa, leur grand-mère, leur grand-père.

 

Oui, vous avez été celui qui aura permis à des familles de se voir enrichir d’un trésor, celui de l’histoire de leur famille.
Vous ne connaissiez pas la rancune et la haine. Vous étiez la bonté incarnée, donnant le bénéfice du doute à la personne que vous rencontriez.

C’est ça, c’est comme ça, oui c’est comme ça qu'en ce mardi matin, vous nous avez fait vivre les émotions les plus variées. J’ai même osé dire que celui qui s’était perdu à Chambord, et ensuite sur La Pointe, était une personne peu débrouillarde. Avec mon petit génie, je me disais que c’est impossible de se perdre dans un si petit territoire. La nouvelle suivante, quelle nouvelle, vous nous avez coupé le souffle et le téléphone s’est mis à sonner.

Vous avez fait la manchette toute la semaine : le local, le régional et même le national. Non, ce n’était pas moi la vedette cette semaine. Je ne pense pas que vous auriez voulu occuper cette place de façon aussi dramatique. Nos petites photos dans l’Étoile du Lac, au plus le Progrès Dimanche lors d’un lancement vous suffisaient.

Vous avez été une personne marquante pour moi, oui quelqu’un qui aura fait une différence dans ma vie. Je peux même ajouter que ceux et celles qui ont participé à nos ateliers approuvent mon affirmation et se répètent la même phrase : « Merci l’abbé d’avoir passé dans nos vies.»

Vous m’aurez permis de croire que je peux écrire, que je suis assez empathique pour recevoir des confidences très difficiles parfois et qu’une équipe de deux complices peut arriver à produire des trésors.

J’ai toujours besoin de vous à mes côtés pour les ateliers d’écriture, nos amis/es ont aussi besoin que vous les aidiez à tenir leur crayon, il faut terminer ce que nous avons débuté, votre place est toujours avec nous.
Reposez en paix,
Vos amis (es) de Je me raconte.

France Guay
Co-animatrice facilitatrice du groupe JMR à Roberval

25 octobre 2009
 

Ce 24 décembre 1947, il y a soixante et un ans, c’était à croire que la lune et toutes les étoiles du cosmos s’étaient donné rendez-vous à Windigo, la plus belle oasis qui longeait le haut de la rivière Saint-Maurice dans les années 1940.

Entourées d’une forêt enneigée, les silhouettes en mouvement sur une neige immaculée témoignaient surtout de la présence de jeunes familles et de célibataires masculins esseulés; toutes se dirigeaient vers le Centre communautaire de l’endroit pour la traditionnelle messe de minuit.

Ce chemin, la jeune institutrice de l’endroit le prenait régulièrement deux fois par jour, cet établissement servait d’école également. Et le nom de cette jeune institutrice?


Fernande!

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On continue

         
 

Tante Gilberte étant retenue à la maison par ses chérubins, l’oncle Bruno et moi formions un rare couple dans cette parade endimanchée. À pas lents, nous nous acheminions vers cet imposant bâtiment en pierre des champs, aux coins arrondis, assez surprenant dans un pareil environnement.

Cette oasis regroupait des habitations modernes à souhait situées à la rencontre des rivières Windigo et Saint-Maurice. Ces demeures étaient toutes munies de commodités surprenantes pour moi qui arrivais de la petite école de rang du Haut-du-Lac de Saint-Tite. Ces maisons avaient été construites un dix à quinze ans plus tôt et appartenaient à la compagnie forestière florissante de l’heure. Un homme de cour et un jardinier voyaient à répondre aux désirs des résidents. En somme, imaginez un joli petit village sorti du conte des Mille et une nuits quand on arrive du pays des filles de Caleb. […..]

En franchissant la porte de la bâtisse principale, dans la pénombre, je sentis une atmosphère tout à fait inconnue. D’abord, la vue d’une centaine d’individus recueillis dans un silence imposant; à ma gauche, mon pupitre converti en un autel décoré que je reconnaissais à peine; à ma droite, vers l’arrière de la salle, un petit groupe de personnes qui entoure l’harmonium où M. Ricard joue des airs de circonstance et dans le coin opposé, un joli sapin qui brille de mille feux. La présence d’un prêtre près de mon pupitre s’avérait déjà un événement rare.

Quelques minutes plus tard, les douze coups de minuit terminés, une belle voix de ténor entonna Minuit Chrétien. Une voix cultivée dans un lieu aussi isolé fit tourner plusieurs têtes. Mon oncle me chuchota : « Bob Ouellet ».

La messe terminée, les personnes présentes reçurent cette invitation du surintendant de la compagnie dans un français baragouiné : « En guise d’un Joyeux Noël, la Compagnie Brown Corporation vous invite tous à une santé avant de retourner chez vous! » […..]


Après une santé renouvelée et une conversation bien alimentée en compagnie soit de parents d’élèves ou de compagnons de travail, mon oncle eut l’amabilité d’inviter Bob Ouellet à réveillonner chez lui où je pensionnais depuis septembre. Avec ce nouvel ami, onques prenons le chemin du retour tous les trois.

Tante Gilberte, sœur de mon père, et ses deux fillettes de trois et quatre ans attendaient notre arrivée depuis un bon moment déjà… Le Père Noël s’étant amené avant nous, Ginette et Claudette étaient impatientes d’ouvrir leurs cadeaux.

Tante Gilberte qui a toujours aimé la visite, fit un accueil chaleureux à ce bel inconnu d’invité aux cheveux noirs et bouclés. […..]

À la table, lors de la conversation toujours aussi animée, nous apprenons que l’invité du jour est orphelin de père depuis l’âge de cinq ans et de mère depuis l’âge de vingt ans. Ses six frères et sœurs habitent aux environs de Québec et lui-même y est arrivé à l’âge de treize ans… ce qui explique sa formation musicale à Québec et ses études en commerce au Collège de Lévis. […..]

Pour avoir vécu tous les deux à la campagne dans une maison ancestrale, avoir subi les mêmes expériences à chaque changement de saisons, nous avons beaucoup de souvenirs semblables.

Fait à souligner : ma tante et mon oncle sont presque du même âge que Bob et natifs de Saint-Tite comme moi. Cette différence d’âge de sept ou huit ans fait que j’ai beaucoup à apprendre de tout ce beau monde. Plus, tante Gilberte a enseigné en Abitibi et connaît des endroits qui sont familiers à Bob.

Nous trois remarquons chez l’invité des talents d’excellent conteur et un sens d’humour peu commun. Il nous fait rire par ses descriptions imagées.

Ce qui m’intrigue, c’est de constater que ce dernier semblait en savoir beaucoup plus sur moi que moi sur lui. Il me faut dire que depuis septembre, plusieurs autres commis de la compagnie étaient venus me reconduire chez mon oncle après l’une ou l’autre des activités récréatives offertes par « la » Brown. Pour en nommer quelques-unes : cinéma, patinage, soirées de danse, tennis, etc. La compagnie se montrait très généreuse sur le plan distraction afin de contrer l’ennui chez ses employés et garder un personnel stable. Après notre mariage, le coquin m’apprendra qu’il menait sa petite enquête quand un de ses collègues du Club cessait de me reconduire.

Ce fut en se souhaitant un heureux temps des Fêtes et un bon voyage dans les « Pays d’en bas » que nous nous sommes quittés ce 25 décembre au matin 1947.

Le lendemain, je prenais le train pour aller passer les Fêtes dans ma famille et quelques jours plus tard « Monsieur Bob » faisait de même vers Québec. Tous les deux allions rejoindre nos amis de cœur du moment. […..]
 

Fernande Ouellet

JMR/Sainte-Foy

 

Je me souviens d’une expression qu’on entendait souvent quand j’étais jeune pour décrire le temps passé. On disait « LE BON VIEUX TEMPS ».
 En entendant ces paroles, ma mère sursautait et répondait : « Ne venez pas me parler du bon vieux temps! » Ce temps où les maisons étaient dépourvues de toute commodité. Pas d’eau courante, les hommes rentraient l’eau avec des chaudières et la versait dans un vieux baril près de la porte. Si on voulait de l’eau chaude, il fallait la faire chauffer sur le poêle à bois de la cuisine qui était le seul système de chauffage de la maison.
 

Faire le lavage à la main pour toute la maisonnée quand tu n’as pas de machine à laver. Faire sécher le linge à l’extérieur même en hiver et le faire dégeler près du poêle à bois. Se laver à la serviette parce qu’il n’y avait pas de bain.

Aller faire ses besoins naturels dans une cabane à l’extérieur de la maison, même en hiver alors qu’il fallait parfois pelleter la neige devant la porte pour y entrer.

Travailler depuis les premières lueurs du jour jusqu’à onze heures du soir en plus de faire la nourriture et l’entretien de la maison, de confectionner et d’entretenir la plupart des vêtements.

D’être enceinte presque tous les ans et d’élever une ribambelle d’enfants.

Pas d’automobile. Voyager avec une voiture tirée par un cheval en hiver comme en été par beau ou par mauvais temps.

Pas d’électricité, pas de téléphone, pas d’appareil radio, encore moins de télévision. C’est cela que vous appelez le bon vieux temps ?

Pour moi, c’est aujourd’hui que vous le vivez le bon temps.

Léon Gaudreau

JMR/L'Ancienne-Lorette

 

22 avril 2008

La fête est commencée.
Le 31 décembre 2007 a sonné le début des festivités qui entoureront les 400 ans de notre magnifique ville. Le calendrier des activités et des manifestations est abondamment garni. Un vent de renouveau souffle chez-nous.         
Fondée en 1608, par Samuel de Champlain, Québec est le berceau de la présence française en Amérique; 1608-2008 : quatre siècles de rayonnement et de vitalité qui en 1985, lui ont mérité d’être  déclarée bien du patrimoine par •l’UNESCO. Québec est la seule ville fortifiée en Amérique du Nord.
 L’an 2008 sera une année faste, une année hors du commun. Notre ville verra dans ses murs une multitude d’évènements pour témoigner de nos racines, pour raconter notre histoire et ainsi, … justifier notre « Je me souviens ». L’anniversaire sera souligné de façon éclatante. Un gigantesque déploiement de présentations artistiques et culturelles, oui mais avant tout, historiques. Un moment fort de partage et de célébration.
Nous allons devoir faire des choix et, qui choisit renonce à autre chose, c’est bien connu. Le fait est qu’avec la meilleure volonté du monde, il sera impossible de tout voir.
Pour ma part, c’est avec la Symphonie des mille que je suis entrée dans la ronde. La 8e symphonie de Gustav Mahler, un évènement musical d’une grande envergure. Oui, j’ai eu le grand bonheur d’assister à cette œuvre magistrale. C’était le 15 mars dernier. Permettez que je vous en parle.
 De tout temps, la musique a fait partie de la vie. Elle est un instrument de culture et elle s’inscrit au cœur des évènements que nous désirons célébrer. Alors, parfaitement indiquée pour souligner un tel anniversaire. Du dire du compositeur lui-même, sa 8e symphonie est  une œuvre « dispensatrice de joie ». Elle exalte le bonheur terrestre. C’est un immense chant d’espoir, une œuvre ambitieuse, l’une des plus imposantes de toute l’histoire du répertoire symphonique.
Pour Yoav Talmi, directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Québec,  ce fut un extrême défi, ce fut aussi le rêve d’une vie et  un très beau cadeau qu’il a voulu offrir à la population de sa ville adoptive pour cette occasion spéciale. Et ce fut un… triomphe !
M. Talmi dirige depuis 40 ans, il est chef de pupitre de l’OSQ depuis maintenant 10 ans.
 Imaginez, dans cette enceinte qu’est le Colisée, 1000 artistes réunis; 200 musiciens et 800 voix de plusieurs chœurs et ensembles vocaux;  unis sous la baguette du Maestro, mille exécutants, choristes et musiciens et cela devant 12,000 spectateurs. Un monumental regroupement de talents et de créativité dont nous avons pu nous enorgueillir collectivement. Non seulement, nous enorgueillir mais encore… goûter et savourer cette musique incomparable. Une œuvre grandiose qui transportait l’âme vers des sommets.
Michel-Ange n’a-t-il pas dit : « La musique est l’aile que Dieu a donnée à l’homme pour qu’il puisse s’élever jusqu’à Lui ? »
  Nous avons vécu là, quelque chose qui ressemble à une sorte de réconciliation avec notre condition humaine. Bref, un moment d’une rare intensité qui, désormais, constitue un fait historique dans notre vie de Québécois. Une chance inespérée qui se présente une fois dans une vie. L’oeuvre n’avait été jouée que deux fois de façon si imposante. La toute première fois à Munich  par son auteur  le grand Mahler en 1910,  lorsqu’il l’a composée  et la deuxième, à Philadelphie en 1916 sous la direction de Léopold Stokowski.
• UNESCO
Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
                                                                                                                                 Claire B. Savard 
                                                                                                                       JMR/L'Ancienne-Lorette

 

                                               
                                             
    

  

 

 

 
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